Mardi 8 décembre 2009 2 08 12 2009 13:51

Messieurs, peut-être que vous aussi, quand vous aurez 60 ans, vous ramerez pour faire connaissance avec une collègue de la moitié de votre âge... en attendant, on peut bien en rire ! :

- Bonjour, grande blonde !
- Euh, oui, bonjour mais vous savez, j'ai un prénom quand-même !
- Ah oui, mais je ne le connais pas. Comment vous appelez-vous ?
- Eh bien, ¤. Je m'appelle ¤ #, voila.
- Enchanté, ¤. C'est un beau prénom !
- Merci, je sais pas si c'est un joli prénom, mais c'est beaucoup plus discret que "grande blonde" pour dire bonjour ! Et plus passe-partout, surtout !
- (se rapprochant) En fait, je n'osais pas vous demander votre prénom, je suis timide...
- Ah mais non, allez, un avocat c'est jamais timide, enfin !

Sur ce, la conversation s'achève, chacun reprend ses occupations... jusqu'à ce qu'en partant, il me glisse discrètement :

- Je vous aime bien, vous savez.



Mythique !




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Mardi 1 décembre 2009 2 01 12 2009 22:07

Avec la personne qui partage ma vie, nous avons un gros sujet de désaccord absolument inutile et futile, qui trouve parfaitement sa place sur ce blog.

Que faire des livres que nous avons lus ?

Lui pense et a toujours pensé, je cite, qu' "une bibliothèque, c'est un cimetière".
Pour moi, horreur suprême, un appartement sans livres est un appartement sans vie.

Pour le coup, je vous le disais, nos avis sont radicalement opposés !

Selon lui, une fois qu'on a lu un livre, rien ne sert de le garder car, non seulement on ne le lira plus jamais (bof, ça se discute, moi il m'arrive de relire certains livres ou certains extraits), mais en plus, et là c'est plus intéressant, quand on lit un livre, on crée un lien intime avec celui-ci qu'il n'y a aucune raison d'exhiber à la vue de tous.

Oui, il est pudique, l'homme.

Moi, très pragmatiquement, je considère qu'une bibliothèque ne sert pas à exhiber, mais simplement à ranger... ben oui, il faut bien les mettre quelque part, ces livres !

Mais l'homme a un autre argument encore plus pertinent : si le livre nous a plu, pourquoi le garder ? C'est notre devoir de faire plaisir en le partageant avec quelqu'un d'autre. Du coup, il donne souvent ses livres, ou bien il les prête et ne les réclame pas...

... ou alors, il les "fait passer". Quand il a découvert le très chouette concept de "lis et fais passer"
, il a adhéré.

Je dois dire que je trouve aussi l'idée de ce blog très séduisante. Abandonner quelque part un livre qu'on a aimé, l'idée est très bonne. L'idée que le livre continue sa vie sans nous, procure du plaisir à l'inconnu qui le trouvera, j'adore.
Moi-même, quand j'ai trouvé dernièrement "rien de grave" dans le train, je l'ai pris comme un petit accident positif dans le cours de ma vie, un petit bouleversement de ma routine, comme si j'entendais le précédent lecteur me dire "lis ça, tu vas aimer autant que j'ai aimé", c'était vraiment comme une rencontre impromptue qui te rappelle que tu ne décides rien, la vie décide pour toi...

Oui oui, tout ça.

Et pourtant, justement pour ces raisons, je serais bien incapable d'abandonner à mon tour ce livre qui me rappelle tout ça... tout comme je me sens incapable d'abandonner n'importe quel livre que j'ai lu, car chaque livre que j'ai lu me rappelle une émotion, un moment, un état d'esprit, une situation, une pensée, un souvenir, une personne...

Définitivement, pour moi, un appartement sans livres est un appartement sans vie.

Heureusement, nous accordons nos violons : Monsieur libère les siens, je range soigneusement les miens...



Et vous ? Vous rangez ou faites passer ?


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Samedi 28 novembre 2009 6 28 11 2009 19:46

Mes petites lectures depuis un an (9 mois en réalité), pour vous inspirer ou en parler... :)


- "La clef" de Junichiro Tanizaki : l'histoire d'un couple qui relance la flamme du désir en lisant, chacun de son côté, le journal intime de l'autre. Chacun sait que l'autre le fait et, à dessein, y note ses fantasmes et/ou cherche à susciter la jalousie de l'autre. Une belle littérature, érotique comme Tanizaki sait la faire, poétique comme les Nippons savent la faire.

- "Madame Bovary" de Gustave Flaubert : celui-ci, je l'ai  juste relu pour me le remettre en mémoire parce que ensuite, je voulais lire celui-là :

- "Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary" de Philippe Doumenc : le titre est suffisamment explicite pour que je n'en dise pas plus ! C'est une idée étonnante, la lecture est facile et offre un agréable second regard sur cette oeuvre si connue.

- "Mémoires d'une geisha" de Yuki Inoue : voila un véritable récit autobiographique d'une ancienne geisha, qui révèle la face cachée de l'activité. Extrêmement intéressant pour qui se passionne pour la culture japonaise.

- "Le coupeur de roseau" du même Tanizaki que précédemment : j'avoue que celui-ci ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Pour le style, cf. plus haut. Pour l'histoire, rien de transcendant pour moi.

- "Le comité Tiziano" de Iain Pears : pour ceux qui l'ignoreraient encore, je suis fan de Pears depuis ma lecture de son "portrait", même si je dois reconnaître que sa série de policiers est moins aboutie d'un point de vue littéraire. "Le comité Tiziano" fait partie des policiers, il souffre donc des mêmes maux que pour tous les autres : beaucoup de rebondissements, beaucoup de révélations sous forme d'évocations, ce qui rend la compréhension quelquefois ardue. Mais tous ses policiers se déroulent dans le contexte de l'Art, l'auteur est philosophe et historien d'art et parsème ses oeuvres de références et d'indications culturelles, ce qui personnellement me fait complètement oublier le reste.

- "Histoire raisonnée de la fellation" de Thierry Leguay : oui, bon, ça va ! C'est très intéressant, figurez-vous ! Vous le saviez, vous, que dans l'antiquité, il y avait les phéniciens, qui "accueillaient", et les lesbiens, qui "offraient", les premiers étant largement sous-considérés ? Et vous imaginiez qu'au temps de la préhistoire, de toute évidence, point de succion pour nos ancêtres ? Qu'en Mésopotamie, la pratique n'existait pas ? Que Cléopatre, au contraire, en était au très friande ? Que les femmes cadres ou professions intermédiaires pratiquent beaucoup plus que les ouvrières ?... Ah vous voyez que c'est intéressant ! (M'est avis que l'éditeur va constater quelques ventes de ce livre dans les jours à venir !)

- "Candide" de Voltaire : ne me demandez pas comment je suis passée de l'un à l'autre ! Je ne m'étais pas rendu compte de cet enchaînement bizarre, apparemment je voulais me racheter un peu de candeur !

- "Bonheur, marque déposée" de Will Ferguson : voila un livre que je devais lire depuis des années, ardemment conseillé par un ami qui y voyait une oeuvre cynique et objective sur notre société contemporaine... Eh bien la sauce n'a pas pris, je n'ai pas accroché, ni à l'humour, ni à l'histoire. Mais tentez-le quand-même, cet ami est un mec bien !

- "L'affaire Bernini" de Pears : cf. précédemment.

- "Le jugement dernier" de Pears : hum... c'est à dire que je me suis mise en tête de tous les lire.... Quand je vous dis que je suis fan !

- "Les belles lettres du Professeur Rollin" de François Rollin : grande adoratrice du Professeur Rollin, que je trouve brillantissime, excellentissime, je suis fan (Pascal Obispo, sors de ce corps) ! Voila exactement l'humour que j'aime, je ne m'en lasse pas. Professeur Rollin vous êtes un maître.

- "Modigliani" de Christian Parisot : l'histoire de ce peintre qui est mon peintre préféré (ah bon, vous le saviez déja ?), une lecture forcément intéressante et agréable, livre fini beaucoup trop vite, enfin vous savez ce que c'est...

- "Berceuse" de Chuck Palahniuk : alors là, je vous renvoie à l'un de mes précédents article que vous trouverez très logiquement sous l'onglet "précédents articles".

- "Peste" de Palahniuk encore : j'ai moins aimé que le précédent, mais je reconnais le talent de l'auteur et surtout l'originalité de l'écriture : chacun des personnages raconte sa version de l'histoire. Il m'a fallu quelques temps pour entrer dans l'histoire mais ensuite, elle se laisse lire. A part quelques longueurs, à mon avis.

- "La brocante Nakano" de Hiromi Kawakami : adoré celui-ci, adoré cet auteur, ce style, cet univers et là encore, un petit article a été rédigé à son sujet quelque part sur le blog.

- "Les années douces" de la même : dingue comme quand j'aime un livre, le suivant est du même auteur ! D'une imparable logique ! Sauf que j'ai moins aimé celui-ci, il n'y aura donc pas de troisième Kawakami tout de suite ! ... Même si j'ai pris un vrai plaisir de lecture aussi. Tout est dans le style. Donc, j'aime.

- "Install" de Risa Wataya : conseillé par un libraire plutôt calé en littérature asiatique, qui m'a expliqué que l'auteur était une jeune lycéenne qui a écrit ce best-seller pendant ses vacances d'été. Le résultat est... étrange : le style est des plus basiques, mais l'histoire est... étrange : une lycéenne va se mettre à sécher les cours pour animer un site de dialogues pornographiques créé par un garçonnet de dix ans. Je vois bien les points d'interrogation sur vos têtes, ils ne m'ont pas quittée pendant toute la lecture... A vous de juger.

- "Rien de grave" de Justine Lévy : trouvé dans le train, voila le genre de lecture imprévue que j'adore. Très belle découverte. L'auteur raconte sa rupture et comment elle a touché le fond du fond. Les sentiments sont vrais, la douleur est décrite de façon crue, c'est sans fard et sans vêtements : elle, dans sa souffrance, à l'état brut. Ajoutez-y un style percutant, ça donne cette réussite ultime, je vous le recommande.

- "N.P." de Banana Yoshimoto : histoire particulière, au départ intriguante (la mort mystérieuse des traducteurs qui ont eu entre leurs mains une nouvelle inédite), à l'arrivée dérangeante, car on y rencontre une jeune femme veuve de son père (vous avez bien lu), qui aujourd'hui a une relation parfaitement sereine avec le fils du père (son frère, oui). Je n'ai pas réussi à me défaire de cette bizarrerie pendant toute ma lecture. Je crois que je vais me calmer avec les auteurs japonais !


Du coup là, je suis dans "le monde de Sophie" de Jostein Gaarder et retrouver un peu de raison après ces lectures indécentes me fait le plus grand bien !


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Mardi 24 novembre 2009 2 24 11 2009 16:24

J'ai l'habitude de dire que je vis dans le monde des bisounours. Cela ne veut pas dire que je suis naïve.
J'ai l'habitude de dire que je suis une fifille. Cela ne veut pas dire que je suis superficielle.
J'ai l'habitude de dire que je suis pour la simplification des rapports humains. Cela veut dire exactement ce que ça veut dire.

Être une fifille au milieu des bisounours, cela veut dire être droite et sans calcul. Pas de manipulation, pas de mensonge, pas de cachotterie, pas de fausse pudeur. Accepter mes sentiments et mes émotions, ne pas tenter de les dissimuler, accepter d'avoir parfois honte, d'être parfois déçue, de ne trouver aucun intérêt à quelque chose, accepter toute sorte de faiblesse et ne pas se perdre dans des constructions mentales de personnalités qui n'existent pas.

Ma personnalité se résume en un mot : j'assume.

J'assume tout. Ce que je dis, ce que je pense, ce que je fais. Je ne cherche pas à me défiler de quoi que ce soit. Si quelque chose me semble trop lourd à supporter, je tente simplement de ne pas avoir à le supporter.

Je n'ai honte de rien, je vais où je veux aller, je n'ai pas d'orgueil mal placé, je n'ai pas de fausse modestie, j'ai guère de tabous.

Je me présente aux gens telle que je suis, sans calcul. Il y a ceux qui me rencontreront les jours où je suis mal lunée et qui penseront que je suis une mégère ; ceux qui me rencontreront en plein travail et penseront que je suis sérieuse ; ceux qui me rencontreront quand je suis détendue et me trouveront sympathique ; je donne aux gens, délibérément ou pas, diverses facettes de ma personnalité, mais toutes ces facettes sont vraies. Et tous ces gens peuvent tranquillement creuser leur relation avec moi, ils trouveront tous la même personne, celle limpide et fiable que je viens de décrire.

J'avoue, c'est une commodité. C'est plus facile. On a déjà tellement de trucs à supporter au quotidien, je ne vois pas pourquoi se compliquer la vie avec l'impression qu'on donne et les rapports humains. Sans mensonge, sans calcul et sans a priori, les rapports humains seraient nettement plus simples.

Alors je le dis une nouvelle fois : je suis pour la simplification des rapports humains, les choses dites et les regards droits. Les mesquins, les menteurs, les veules et les lâches, je n'ai aucun respect pour eux. Je veux du panache, de la sincérité, de la droiture, des gens qui s'assument et n'ont pas peur des autres.

Inutile de vous dire que je suis quelquefois déçue.


En fait, je devrais plutôt dire que je suis D'Artagnan, les gens comprendraient un peu mieux le message !

... Ou pas.


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Lundi 16 novembre 2009 1 16 11 2009 11:49



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